Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /Mai /2009 06:31


N
amaste !
  
                                                                      Petite mise a jour, par Delphes.


       Le retour a Pokhara fut consacre a une saine activite, se requinquer de bons petits plats qui nous ont manque dans les montagnes : poulet, legumes, fruits ! Mais ces derniers n'ont malheureusement pas epargne Tom qui nous a refait une bonne tourista, une grosse derniere fois, histoire de ''perdre un os'' en plus de son pantalon (confirmation dudit Tom).

      Avant-dernier trajet en bus, on commence a les compter ! 3h de route, mais 1h30 d'attente a la gare routiere, pour aller a Bandipur. Ce veritable -je cite- ''tresor du Nepal '' vaut bien le detour. Mais le village se merite ! C'est dans une jeep bondee que nous gravissons la colline sur une route sinueuse, de quoi vous donner correctement la nausee.
      Bandipur est un village pietonnier, niche sur une crete, aux maisons de style Newar, c'est -a-dire construites de briques rouges et aux fenetres sculptees en bois, avec toits d'ardoises, anciennement dirige politiquement par Tansen (autre etape du voyage que nous avions bien appreciee).
   
    On est tres vite charme par les rues de ce village qui, apres l'ecole, se transforment en immense cour de jeux pour les enfants. Chacun joue et s'eclate, parfois a diriger un cerceau avec un fil de fer, a jeter un caillou en l'air pour le rattrapper, a lancer un disque de bois pour le faire revenir a soi, parfois a se suivre en faisant les meme gestes, ou encore a emmaillotter de jeunes chevreaux en guise de poupons... Le tout, confondu dans des eclats de rires communicatifs. Des bambins libres et heureux de deambuler sans danger dans les rues de leur village, ca fait plaisir a voir !

    Le village est truffe de jolis petits temples aux toits a etages, entoures de lampes a beurre,  typiques du Nepal. Les maisons sont, pour la plupart, bien conservees, grace a un projet de developpement  touristique intellignet, n'autorisant l'ouverture de petits hotel que dans de vieilles maisons restaurees. Certaines batisses sont en cours de restauration, d'autres sont encore abandonnees... le tourisme galoppant oeuvre ici pour le patrimoine !
    Les complexes hoteliers, le terme est un peu fort, sont plus que simples... Il nous est arrive de visiter des chambres un brin ''kitch'', que des habitants mettent a disposition, et ou l'on se sent ''comme a la maison'', mais ici, comme a la maison aussi, les toilettes sont dehors apres une descente de 2 etages en bois grincant, et cela ne convenait pas aux intestins imprevisibles de notre Tom. Nous optons donc pour une chambre dont les sanitaires ne sont pas loin...
    La vue depuis le village donne, en temps clair, un joli panorama sur le massif des Annapurnas, mais au premier plan, c'est plutot sur des bananiers, des cultures du riz  et du mais en terrasse, et des jardins bien entretenus, avec des troupeaux de chevres menes par des gamins, des poules picorant et montrant l'exemple a leurs poussins, et des mamies portant une hotte remplie d'herbes ou de bois, a laniere frontale.

   Tom est extenue par ses soucis intestinaux, ce qui nous vaut une journee entiere a bouquiner pour nous reposer. Nous rencontrons bon nombre de touristes francais, tous a la recherche du calme de ces coins privilegies.
    Nous passons un peu de temps a nous balader dans les rues seduisantes de Bandipur, en croisant petits et grands, les mains jointes pour nous saluer
    -''Namaste !'' sur notre passage...

    Le 2 mai, c'est la fete d'une des castes du village, ou une des familles (difficile a comprendre), toutes les femmes sont joliment habillees, parees de bijoux et de tikka epais sur le front, le rouge et or domine. Une parade de percussions suivie de femmes aux corbeilles de fleurs forment un cortege dans les rues du village, et le soir venu, nous offrent le spectacle de danses rituelles sur des rythmes tribaux rappelant ceux des khmers.
La nuit, une tempete de vent et de pluie s'abbat sur la vallee, degageant ainsi la vue sur les montagnes le matin de notre depart pour Kathmandou...
  
    Dernier long trajet de bus du voyage, nous partons de Bandipur le matin pluvieux du 3 mai. Depart en jeep secouante vers le village ou nous devrons encore prendre un bus vers la capitale. Nous sautons rapidement dans une mini bus recent. Il est 10h du matin, et vers 13h, une longue file de plusieurs kilometres de camions et bus sont a l'arret sur notre voie. Mais notre bus les depasse, pour s'arreter finalement en bord de route. Et, sans dire un mot d'anglais, notre chauffeur s'adresse a ses passagers : nous comprenons qu'il s'agit la d'une greve, comme il est si courant au Nepal. Nous restons a l'arret presque 1 heure puis repartons, mais cette fois-ci vers un chemin caillouteux, de campagne, un soi-disant ''raccourci'' que notre conducteur juge utile de prendre.
    Nous sommes visiblement les seuls a nous embarquer dans cette voie... Nous commencons par traverser une riviere peu profonde, mais caillouteuse, puis de nombreux hameaux ruraux, dont les habitants s'etonnent de notre passage. Nous filons a travers la campagne, remues a chaque bosse, chaque trou sur le chemin, parfois serrant les fesses quand nous nous retrouvons embourbes dans la boue, avec les roues qui patinent... Heureusement que des gamins viennent nous aider a pousser le bus !
   
   A
17h, nous tombons sur Kathmandou, une rue poussiereuse et polluee, un traffic nerveux : ca ne trompe pas ! C'est alors que le chauffeur ose demander une "surtaxe" pour avoir emprunte une ''route dangereuse''. Tous les passagers nepalais payent la ralonge tarifaire sans rechigner, mais nous nous y opposons, nous avions deja eu un surplus pour ''tarif touristique''. Il insiste, nous sommes fermes, et nous arrivons a la gare routiere a la recherche d'un autre bus pour un quartier calme de la capitale ou nous avons choisi d'aller dormir, Bodhnath :
majeur lieu de culte pour les bouddhistes tibetains.

                           
                      A suivre : Katmandou, et sa vallee !! fin du voyage !






Par delftom
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /Avr /2009 09:52
Vous vous impatientiez...

   Nous voila de retour, apres 6 jours de marche dans un environnement merveilleux, approchant certains des plus hauts sommets de la planete !!

  Reprenons depuis le debut...

  La veille de notre depart (jour du precedent petit article), nous faisons le tour des echopes de LakeSide, a Pokhara, pour acheter le materiel manquant, et des fruits secs et barres cereales necessaires dans l'effort. C'est a cette occasion que nous tombons sur Richard, un jeune pompier de Roanne, qui est plonge dans les memes preoccupations. Richard prepare un depart le lendemain, le meme que nous !

  C'est parti, on se donne rendez-vous le lendemain matin, on fera equipe, ne serait-ce que pour partager le taxi vers le point de depart du...

   Trek du sanctuaire des Annapurnas !!!



   Ce celebre trek, sense durer entre 7 et 12 jours, fait monter les randonneurs, a travers quelques jolies vallees boisees, et un relief tres contraste, en direction du camp de base de l'Annapurna, a 4130m d'altitude, au pied de "l'Annapurna Sud", un des sommets de cet enorme massif. Le camp de base ("ABC") se niche au coeur d'un grand ecrin forme par ces sommets, quasi-circulaire, et offre donc une vue de choix, unique en son genre, sur ces sommets, en se postant directement a leurs pieds !

  Jeudi, milieu de matinee. Richard est au rendez-vous, nous partons a la recherche d'un taxi. C'est chose faite des les trois premiers metres, et Delphes nous negocie ca en 30 secondes. C'est parti. On papote en route avec Richard, qui s'avere bien sympathique, suffisamment pour qu'on forme implicitement une equipe : on debutera le trek ensemble. Il a l'air en meilleure condition physique que nous (vous imaginez, un pompier...), on verra bien si nos rythmes pourront concorder longtemps ou non !

  Au bout de 45 minutes, la petite voiture s'arrete, on lui donne ses 5 euros, et nous voila aux pieds de la premieres grimpette du parcours, abrupte, face a nous ! Nous chargeons sur nos dos encore vierges -presque- de toute douleur nos gros sacs a dos (douzaine de kilos, vetements chauds pour en haut obligent...).
  Richard passe en tete, normal, il est pompier.

  Cette montee nous met en jambe, active vivement la circulation sanguine dans nos cuisses. Elle permet une premiere evaluation de nos chaussures, achetees 2 jours avant. Elle permet aussi une evaluation de Richard qui, certes devant, ne nous distance pas d'un kilometre. En fait, nous garderons nos equarts durant les 6 jours de ce trek, reguliers, avec un Richard faisant office de lapin, 20 metres devant. L'equipe est formee, solide, joviale, solidaire !! 3 jeunes sportifs (plus ou moins entraines, par contre...), lances seuls dans cette grande conquete des Annapurnas !! ... pas si seuls, ce trek etant un classique du genre, on trouve un restau-refuge toutes les 2h de marche, et quelques randonneurs, lances sur les memes sentiers...

   Cette premiere journee est plus longue que prevue : l'effort et le beau temps nous motivent, et nous poussons beaucoup plus loin que nos plans ne l'avaient defini. On comptait s'arreter en haut de la premeire cote, au bout de 2h, pour passer la la nuit et repartir le lendemain tres tot le matin, directement sur les pistes, dans le vif du sujet, remettant le depart effectif au vendredi.
   Finalement, nous marchons 5 bonnes heures, decouvrant de beaux panoramas, affrontant quelques belles cotes, traversant quelques jolis villages aux vues imprenables. Les chaussures ne nous blessent pas (miracle, avec des chaussures neuves), Richard est marrant, nos jambes fonctionnent, les difficultes sont moderees : le bilan de la premiere journee est tres bon, et nous gonfle de courage pour la suite !

   Vendredi : de Tolka a... Sinuwa !
   Deux traversees de vallees nous attendent, et, toujours, une progressive montee... Le denivele total est de 3000 metres, il faut bien commencer a monter...
   Toujours de bonne humeur (la vue, tot le matin -5h30, du soleil arrosant de ses premiers rayons le sommet enfin visible de l'Annapurna Sud, y contribue...), nous filons a vive allure, encore pleins de force et de motivation. Il a plu le soir, les 3 jours precedant notre trek. Une chance incroyable : a cette saison, la poussiere en suspension dans l'air rend les massifs invisibles, et les paysages invariablement opaques, et seules les pluies de moussons, arrivant en mai-juin, retablissent une visibilite correcte ! Voir l'A.Sud des la premiere etape, et durant toute la matinee (le ciel se voile vers midi), et deja une chance inestimable, qui presage de magnifiques vues pour la suite !

   Arrives a Chhomrong, etape theorique, nos esprit fougueux se jumelent pour decider de pousser plus loin, et de traverser la vallee encaissee devant nous pour remonter jusqu'a Sinuwa, plus haut, en face, afin de raccourcir la marche du lendemain. Ce plan fait aussi partie de nos calculs,visant a gagner en altitude progressivement, de maniere a bien encaisser les derniers jours, ou l'elevation brutale peut occasionner de serieux problemes...

   Nous arrivons a Sinuwa semi-liquefies, errintes par une etape un peu longue, debouchant sur une cote interminable et demoralisante, flanquee d'un mortel escalier de pierre, aux marches cruellement hautes et inegales ! Une belle etape de 8h...

   Deuxieme nuit, apres un plat de pates a la sauce tomate, un peu douteux.
   Comme la veille, je dors mal, tolerant mal l'altitude, apparemment.
   Et le lendemain matin, surprise : la sauce tomate a fait des ravages, j'ai la joie d'etre accompagne par un nouveau camarade de poids : la tourista !! Ca faisait un bail, et je suis evidemment ravi que ca m'arrive a nouveau, en plein trek.

   Samedi, donc ; la vue depuis Sinuwa est splendide, on y decouvre le sommet du Machhapuchare, le plus celebre des pics ici, 6993m, impossible a gravir pour les alpinistes, avec sa fome en queue de poisson.
  Nous partons tot, comme chaque matin, pour "marcher a la fraiche" !

   Cette troisieme journee nous rend a Deurali, beaucoup plus haut, derniere etape avant les camps de base (MBC et ABC : Machhapuchare BC et Annapurna BC). Elle nous voit grimper continuellement, traverser des forets de bambou, de gros feuillus tropicaux couverts de lychens et de saprophytes pendouillants, de rhododendrons en fleurs.... On trace a flanc de "mur", sur la face ouest de la vallee menant a l'entree du Sanctuaire. Montee toujours progressive, mais certaine ! Quelques redescentes pentues pour traverser des ravins, par endroits, histoire d'entamer un peu notre courage en devant regagner ce denivele juste apres...

   Arrivee dans l'apres-midi, apres nos 6h de marche syndicales, a Deurali, deja sortis de l'etage boise, entres dans des zones plus rocailleuses. Le paysage continue a changer, on decouvre de la une nouvelle approche des massifs, qu'on commence a sentir tout proches ! La tourista s'est emparee d'une partie de mes forces, mais n'a en rien entame ma deternination, et notre fine equipe tient toujours bon.

   Dimanche matin, apres une nouvelle mauvaise nuit (froide, celle-la !), nous partons de la, depassons plus loin le groupe de bonnes-soeurs canadiennes rencontrees la veille, attaquant la derniere phase de grimpe, de 3200 a 4130m, en direction de l'ABC !!!

  On monte, regulierement, traversant nos premieres coulees de neige (pas tres propre : restes d'avalanches de la saisons precedente, melanges a des touffes de terre), quelques ruisseaux, et decouvrant a chaque minute un nouveau point de vue sur le Machhapuchare... Au bout d'une heure et demie, nous voila au MBC, camp qui, au pied du Macchapuchare, precede l'ABC. Le sentier tourne a gauche, pour s'enfoncer, en montant, dans le coeur du sanctaire....

  Le trajet entre le MBC et l'ABC est le plus beau moment du trek, meme si l'altitude commence a nous rendre humbles dans nos efforts et un peu malades. Les pas sont lents, le souffle ample : l'oxygene manque en altitude ! Meme Richard le pompier ne fait pas le malin (c'est dire). Le panorama s'ouvre petit a petit, a chaque pallier... Les sommets se revelent, sous un aspect unique, devoilant leur face cachee : Hiunchuli, Annapurna Sud, Annapurna I... et derriere nous, Annapurna II, III et, apparaissant sur toute sa hauteur, le magestueux Machhapuchare...
  Au bout d'une autre heure et demie, nous atteignons l'ABC, avant tout autre toursite... Quel moment ! Le souffle est court, on a un peu la nausee, pas mecontents de ne pas avoir a grimper plus haut... Le panorama est merveilleux, on le deguste...

  Une bonne heure apres, les sommets commencent a etre nuageux. Et nous, on caille. Nous nous rapatrions a l'interieur, et savourons une bonne pizza. Elles sont, a juste titre, reputees delicieuses a l'ABC !!

   L'apres midi est occupee par la sieste, car l'altitude et l'effort nous font chanceler...
   Apres le diner, nous partons affronter la nuit la pire du trek : sommeil perturbe, alternances chaud-froid, gros maux de tete pour moi... Je suis impatient de redescendre, un peu inquiet par tous les symptomes.

   Lundi matin, apres avoir enfile un sachet d'aspirine, je me sens mieux. Agares, nous redecouvrons le splendide paysage qui se developpe sur 360 degres autour de nous, berce de nouvelles couleurs, caresse par endroit par les premiers rayonsa de soleil... Beau, beau, beau...

  il est l'heure de redescendre. Tres sincerement, l'idee me plait assez !

  Pour faire vite : nos forces sont toujours disponibles, et nous formons une belle equipe. Nou filons donc sur le chemin du retour, traversant les etapes des jours precedents, beaucoup plus vite qu'a la montee. Nous faisons escale a Chhomrong, apres une grosse etape de 8h... Les pattes souffrent a la descente, l'effort musculaire de freinee etant tres different, surtout dans les foutu escaliers de pierre...
 
   Nous atteignons Chhomrong lundi en fin d'apres-midi, acheves par la grosse cote sur escaliers qui aboutit au village... L'acide lactique verrouille nos muscles, faisant mal... La douche nous redonne l'energie qu'il faut pour tenir jusqu'au soir !

  Mardi : nous faisons nos adieux a Richard, qui opte pour une extension de 2 jours vers l'Ouest (point de vue de Poon Hill), tandis que nous allons filer vers le sud, en comptant arriver a Pokhara le soir meme.

  Nous repassons par Jhinu, et ses sources chaudes, ratees a l'aller. Un bain nous y fait le plus grand bien, sous le regard d'un grand singe curieux, de l'autre cote de la riviere. Nous repartons, lances sur une longue descente irreguliere, qui nous ramene a la route... Apres 6h de marche, nous y parvenons : quelques formalites de sortie du parc, puis tractation avec les chauffeurs de taxi vraiment trop chers, et nous grimpons dans un vieux bus ! Il est 17h.

   Une heure et demie apres, nous voila a Pokhara. Les pieds sont douloureux, l'envie d'une douche enorme, et les vetements puent.
  Nous recuperons nos sacs laisses a la pension pendant la duree du trek, emmenageons ailleurs, et pouvons enfin deballer nos sacs, et nous doucher...

  Mission accomplie !!

  Quels moments ! Superbe experience, avec en prime la rencontre du pompier de Roanne ! Emus par nos efforts, la beaute des paysages imprimes dans nos meninges, nous nous preparons a passer une bonne nuit reparatrice...

  
                                                                        a bientot !

a suivre : en route pour la vallee de Kathmandou
 
Par delftom
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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 15:28

    Salut a tous !

   Enchantes par Tansen, on se doutait bien que ce doux reve d'un Nepal calme, doux, et epargne par les foules allait quelque peu s'effondrer en approchant la grosse ville de Pokhara, qui est surtout une des deux destinations touristiques majeures du Nepal !!

  Nous partons en bus a 6h le matin, suivant les conseils du petit vieux qui a monte le sympathique petit office du tourisme de Tansen. La route est superbe durant les premieres heures (5 prevues a l'origine), enchainant gorges, defiles, cultures en terrasses dans les fonds de vallees, qu'on surplombe en general... Les rivieres et les installations d'irrigation rendent ces paysages des fonds de vallees tres verts, un regal. Au bout de 3h de route, on commence a comprendre que les horaires theoriques seront loin d'etre respectes, vu les multiples arrets, ou le boy charge de demander des sous aux passagers s'evertue a rabattre un maximum de nouveaux occupants, alors que le bus est deja bonde depuis un moment... Cette fois-ci, notre patience est rongee...

  Au bout de 7h, nous voila a l'horrible station de bus de Pokhara, qu'on voit deja comme une ville recente denuee de charme, vite construite, poussiereuse. On renoue aussi avec le bruit incessant des klaxons !
  Un taxi nous amene a "LakeSide", le quartier a touristes (la ou il y a des hotels..), au bord du lac. Ce lieu etait le repere des hippies sejournant au Nepal, a l'epoque une calme bourgade nichee dans un cadre idyllique, lovee au bord d'un lac, entouree de montagnes, avec une vue imprenable sur les fameux Annapurnas (parmi les plus hauts sommets nepalais). Depuis, les routes se sont developpees, le commerce, le traffic avec... et le tourisme de masse est arrive : departs de treks, parapente, canoe, saut a l'elastique, VTT, biere.. la totale !

  Reste que la situation de Pokhara n'a pas d'egale pour qui veut preparer un trek en montagne : une bonne partie des incroyablement nombreuses boutiques a touristes de Lakeside vendent du materiel de trekking (bon materiel de contrefacon fait au Nepal). Qui plus est, et ce meme si -je vous assure- nous ne sommes pas attires par les "bleds a touristes", j'avoue que retrouver une bonne bouffe occidentale, non-vegetarienne, ne fait pas de mal apres plus de 4 mois de voyage (et quelques kilos perdus !) ! Il y a LARGEMENT, ici, de quoi reprendre des forces on degustant d'enormes steaks, pizzas, poissons...

  Nous voila donc a Pokhara depuis trois jours, et quelques gros bons steaks dans le ventre nous ont fait du bien (marre de la bouffe indienne ! un comble !! ...et la bouffe nepalaise est semblable, en plus pauvre !).
  Entre les differents restaus, nous nous sommes occupes utilement en glanant les conseils necessaires a l'organisation du trek, en achetant le materiel manquant (genre chaussures...), et nous sommes occupes agreablement en allant decouvrir les environs a moto.

  Une parenthese s'impose.
  Le code de la route ici est sensiblement different de ce qu'on trouve en Europe ! Il est a peu pres le meme qu'en Inde, meme si le traffic est ici un peu moins dingue (moins de monde !). En gros : pas de regles telles qu'on les connait. Une seule regle : se faire entendre, quoi qu'on fasse, et etre attentif a ceux qui se font entendre. En pratique : pour doubler quelqu'un, klaxonner pour le prevenir, puis attendre une eventuelle reponse sonore, et doubler en klaxonnant en continu pour signaler qu'on est toujours la. De meme, klaxonner pour prevenir les pietons (qui se baladent souvent sur la route comme si ils etaient tous seuls), les vehicules a l'arret, les vaches... S'il devait y avoir un controle technique, ce serait sans doute pour verifier l'etat du klaxon, et son niveau sonore suffisant !
   Forcement, le resultat est bruyant...
   A cela s'ajoute le zele de nombreux chauffeurs, qui klaxonnent des qu'ils voient quoi que ce soit, par reflexe. Une voiture peut ainsi klaxonner bruyamment en vous croisant, vous qui marchez tranquillement a sens inverse, et l'avez vue venir depuis 5 metres... pas tres utile, et ca casse les tympans, a force. Certains, specialement en Inde, klaxonnent souvent sans aucune raison, en pleine ligne droite...

  Indechiffrables, je vous dis...

  Bref.
  Nous voila donc a moto la-dedans, en roulant a gauche, au passage. Detours par les villages tibetains, anciens camps de refugies (datant de l'invasion chinoise au Tibet en 59). De petits baraquements de plain-pied en parpaing ont remplace les premieres tentes, et des petits drapeaux colores flottent partout, pratique du bouddhisme tibetain. Rien de grandiose donc, mais ca fait reflechir sur cette situation de refugies qui trainent la, en s'etant moyennement integres, et esperent sans doute un changement de situation au Tibet... Ils vivent du tissage de tapis destines aux touristes, et de la vente de petit artisanat bien de chez eux.
  Deuxieme balade a moto aujourd'hui, dans la nature, vers de jolis lacs des environs, et les petits villages qui les surplombent, ou nous avons rencontre une famille qui recolte du cafe, et nous l'a fait gouter. Charmante rencontre !

   Le compte a rebours approche de la fin : demain, grand depart pour le sanctuaire des Annapurnas !! On doit depasser les 4000 metres d'altitude, au terme de 5 jours de marche, en arrivant au camp de base des Annapurnas, ou on sera entoures des differents sommets de ce massif... Roulement de tambour !

   Vous aurez donc droit a des nouvelles apres ces exploits, dans une huitaine de jours !

 
                      A bientot...

Par delftom
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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 15:17
                                                                                       ici Tom
 
  Nous nous reveillons dans une jolie chambre, negociee la veille lors de notre arrivee dans ce lodge cher, apres notre folle journee de trajet depuis l'Inde... Le sommeil fut lourd et profond, reparant tant bien que mal les degats des 24h precedentes.

   Rassemblons nos esprits : il semble qu'on soit de trop dans cet endroit, et que le type qui nous y a acceuillis se soit un peu emballe en acceptant notre tarif special, hors concurrence, negocie la veille : des touristes en groupe sont la, et paient 4 fois plus que nous pour la meme prestation. Si ca devait arriver a leurs oreilles... Nous prenons un petit dej', avant de filer a la decouverte des autres "lodges" alentours. Nous en visitons deux, en passant encore une ou deux heures a tenter de negocier un tarif  "all include", puisqu'on n'a pas tellement le choix entre la pension complete a l'hotel et l'herbe a paitre autour ou la chasse. A midi, ca y est, nos sacs ont parcouru le kilometre qui separe l'ancien du nouveau lodge, et il est deja l'heure de dejeuner.

   Apres cette matinee compliquee, dans la lignee de la soiree precedente, nous voila donc poses "definitivement" quelque part pour le temps qui nous reste dans le parc : deux nuits ! La pensee de deux nuits consecutives dans le meme lit nous repose en soi...

  Nous passons le reste de la journee a deguster une promenade dans les environs, les habitants vivant dans de jolies petites maisons de torchi peintes (ocre rouge et blanc de chaux), bordant les chemins ; le paysage, ou s'alternent parcelles cultivees (cereales), maisons a toit de chaume, bosquets, est magnifique, et le sourire des habitants nous accueillant est totalement desarmant ! Quelle douceur, en comparaison de la folie de Delhi, quittee l'avant-veille ! Nous retrouvons enfin des visages ouverts et souriants, renouant avec ces cultures simples et chaleureuses connues en Asie du Sud-Est... Qui plus est, ces visages sont souvent magnifiques, melant yeux brides, peaux sombres, traits tantot tirant sur l'indien, tantot sur le tibetain... Nous decouvrons un nouveau peuple, ce qui n'est pas pour nous deplaire !

  En fin de journee, nous rencontrons l'amusant "Jack", un jeune nepalais aux cheveux longs et grosses lunettes de soleil, quelque peu victime de la mode, qui nous propose d'etre notre guide pour la visite du parc le lendemain. Il a l'air assez sympa, et nous avons besoin d'un guide pour cette activite. C'est parti, tout est ficele : rendez-vous le lendemain matin a 6h (heure propice a l'observation des animaux sauvages).

   6h15, nous voila.
  La decouverte du parc, dans ces douces lumieres matinales, est magique. Presque aucune trace humaine, une vegetation riche et libre, ou s'alternent prairies, bosquets denses, grands espaces rappelant la savane africaine, larges bras de rivieres hebergeant de multiples especes d'oiseaux... Nous croisons des dizaines de cervides... La Nature ! Je me sens soudain tout petit, en pensant aux rhinoceros, elephants sauvages, et eventuels tigres qu'on peut croiser ici... Le danger que represente une telle rencontre, dans l'absolu, est reel, et la presence d'un guide, veillant a ce qu'on approche les territoires des grands mammiferes, sans y penetrer, est VITALE ! Petits frissons.

  Nous passons toute la journee dans le parc, marchant quelques kilometres, puis nous arretant en haut d'un mirador quelques heures, puis reprenant la marche... Il fait une chaleur etouffante, mais nous nous regalons des spectacles qui s'offrent a nous.

   Au final, nous aurons vu des dizaines d'oiseaux differents, parfois superbement colores, ainsi que deux cervides inconnus en Europe (cf photo : sorte de croisement entre un cheval et une biche, avec quelques touffes de poils farfelues), en plus des dizaines de daims et biches, un peu partout, et... un rhinoceros !!! Pas fiers, nous avons reussi a l'approcher a une cinquantaine de metres, avant qu'il ne s'enfuie. Epoustoufflant !
   Encore deux bonnes heures a la fin de la journee, tapis dans des fourres, a attendre que se pointe au bord de la riviere le roi de ces bois : le tigre du Bengale... Malheureusement, monsieur le tigre est reste planque toute la journee...
   Retour au Lodge bien contents de cette experience dans la vie sauvage, le soir venu !

   Le lendemain matin, grand depart vers l'Est, nous rejoignons le Terai central : Tansen.

   En theorie : un bus sur la petite route caillouteuse qui rejoint la route principal (30 minutes de bus, aux dires du patron de l'hotel, a prendre a 7h), puis un autre vers l'Est, durant 5 ou 6 heures, jusqu'a une autre bourgade ou on devra prendre un troisieme bus, qui grimpera durant une ou deux heures vers le Nord, plus en altitude, jusqu'a Tansen.

  Evidemment, rien ne se passe comme prevu : le bus met plus d'une heure pour parcourir les 15km qui separent le parc de la route principale, en etant parti avec 75 min de retard sur ce qui nous avait ete annonce. Nous ratons donc le theorique deuxieme bus, sense passer au carrefour vers 9h. Nous poirotons donc au bord de la route, dans le mini-bled qui y est installe, en jouant et rigolant avec les gamins du coin et les vieux couturiers voutes sur leur machines a coudre antiques, durant deux bonnes heures. C'est alors que quelqu'un finit par venir nous annoncer qu'il y a une greve ou une manif qui bloque la route en amont (ouest, comme ce qu'on a vecu deux jours avant), et qu'il ne faut plus attendre le bus.
   Solution : monter dans le premier mini-bus venu, jusqu'au prochain bled, d'ou partiront fort probablement des bus vers l'Est. Un mini-van bonde arrive, on nous y invite rapidement, avec la suggestion : "go on the roof, would be better". Effectivement, il est plus que plein, et la galerie sur le toit semble indiquee, pour les 70km a parcourir.

  C'est parti, nous nous ecrasons les os fessiers (coccyx et ischions, pour les professionnels) sur la galerie anguleuse du minivan. De nombreux autres passagers viennent nous rejoindre, aux arrets successifs. Avantages : il fait moins chaud qu'a l'interieur, grace au vent, et on y admire mieux le paysage. C'est notamment pour nous l'occasion d'apercevoir trois beaux crocodiles dans une riviere, en contrebas du pont que le van traverse ! Et aussi celle d'avoir les sens attires vers quelques champs de cannabis : les inities auraient ete ravis et tentes, les autres auraient ete charmes par l'odeur si agreable.

   Escale, on nous indique le bus suivant, qui ne tarde pas a partir (apres que je me sois enerve sur les types qui vendent les tickets, tentant toujours d'abuser des visiteurs). Les heures, ensuite, se suivent et se ressemblent trop : chaleur etouffante, siestes agitees, surpeuplement du bus, qui s'arrete pour faire le ramassage local tous les quarts d'heure... Interminable ! C'est au passage l'occasion de verifier un fait celebre au Nepal : chaque heure, on croise une nouvelle carcasse de bus ou de camion ecrasee ou cramee sur le cote... un des pays au monde ou les routes sont les moins sures !!
 
   Nous arrivons a la derniere escale a la nuit venue... Aucun employe de la gare routiere ne parle anglais, comme d'habitude (pas pire que celle de Delhi !!), ni ne sait nous indiquer le bon bus, en partance pour Tansen.

  Un nepalais de bonne volonte nous aide (!!!), et nous partons pour Tansen. La route est vertigineuse, et le bus frole le precipice par endroits, au bord d'un denivele impressionnant... Nous sursautons en apercevant, au fond des gorges, un bus crashe...

   Enfin, nous atteignons la gare routiere de Tansen, vers 21h.
   Pas une lumiere dans la petite ville, qui semble dormir, et souffrir de pannes de courant ! Le premier hotel venu sera bienvenu. Nous y posons nos sacs, apres cette nouvelle journee eprouvante.

   Reveilles le matin, nous decidons de quitter promptement cet hotel, envahi par l'odeur de pisse de chat, enerves par l'absence d'eau qui aurait pu nous aider en lavant deux jours de transpiration et de poussiere. Une quete qui dure 2h, tous les petits hotels du bled etant pleins ! Et pourtant, pas plus de 4 ou 5 touristes en ville... Le tourisme local se porte bien, dirait-on !

   Nous passons deux journees a Tansen, en arpentant ses jolies ruelles, ou les vieilles maisons de brique d'un etage, recouvertes de glaise, et dotees de magnifiques petites fenetres de bois sculpte ! Nous y decouvrons une population charmante, douce et souriante, qui nous rechauffe le coeur (qui n'etait pas encore froid, soit dit en passant)...  Tansen est installee dans la pente, sur le flanc d'une colline, au coeur d'un paysage montagneux somptueux, d'ou on apercevrait l'Himalaya si le ciel etait moins opaque (avril est peu propice a un ciel translucide...). La deuxieme journee nous voit, motives, entreprendre un trek dans les environs, dont les 8h de marche (avec jolis deniveles, dont on a perdu l'habitude !) finissent par nous achever. Cette fatigue physique, bien plus agreable que celle des journees de bus, nous ramene a la vie, et promet un lourd sommeil la nuit venue, berce par les reves des magnifiques paysages rencontres durant la journee (cultures en terrasses dans les fonds de vallees, petits villages de couleur argileuse a flan de collines...). Tant mieux : nous repartons le lendemain, a 6h, pour Pokhara !!


        a suivre : Pokhara et ses environs

  
Par delftom
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 15:02
Bonjour a tous !
                                                                                               par Delphes

    Aujourd'hui, je vais vous raconter brievement notre sejour a Delhi, puis nos 24h de transport qui nous ont menes a notre premier point de chute au Nepal.

     Tres bien accueillis par Philippe, un ami de Tom, qui travaille sur le marche exportateur du vin de Bourgogne en Inde, c'etait repos au programme (surtout apres une nuit et 19h de train poussiereux passees entre Jaisalmer et Delhi).
Son quartier est plutot residentiel, arbore et calme, loin des klaxons de la ville, mais ceci a un cout, et meme le repas indien le plus simple est 2 fois plus cher que dans tout le reste du pays.
    Nous ne nous plaignons pas, c'etait pour nous l'occasion de regouter aux joies d'un brownie le matin, ou de manger occidental, puisque les grandes chaines connues sont largement presentes. Du coup, nous essayons pour la premiere fois un sandwich au ''Subway'' , une pizza chez ''Domino Pizza'' (qui a rendu Tom nauseeux toute une journee !). Il fallait attendre d'etre en Inde pour  faire ca !!!
Nous faisons le plein de poulet dans un tres chic mais delicieux restau musulman conseille par notre ami expatrie, un regal que nous nous offrons sans hesiter.

     A Delhi, toute visite est une expedition. Les distances sont telles que nous  passons a chaque fois au minimum une demi-heure dans le rikshaw, au milieu des embouteillages, de la pollution et des klaxons a 500 decibels, pour atteindre un point de visite. Nous avons aussi teste le tres moderne metro, pour de modiques sommes, qui continue a allonger ses lignes de jour en jour.
Les postes de controles sont rigoureux a l'entree de chaque bouche de metro, mais aussi a celle des grands centres commerciaux aseptises et ultra-climatises comme il y en tant a New Delhi. C'est une file pour les hommes, une autre pour les femmes, et palpation du corps et ouverture du sac a dos a chaque fois!

    Visites avec Philippe du Parlement et de ''l'arc de triomphe'' local, temoignages de l'epoque coloniale anglaise, et balade dans un joli parc public tres frequente des indiens, le week-end, en famille.
Le samedi de Paques, nous assistons a un concert revigorant de musique classique dans une eglise de Delhi (moment surrealiste), puis a un autre concert auquel nous avons ete convies,  musique faite de tablas (instrument de percussion indienne) et de chants religieux dans un joli temple Sikh : nous n'en avions encore jamais visite !

   Pour info, le Sikhisme est une religion fondee au XVeme siecle dans le nord de l'Inde, qui s'inspire de la religion musulmane et de la spiritualite hindoue. Les Sikhs sont reconnaissables a leur turban savamment et minutieusement enroule autour de la tete.

    Dans le vieux Delhi, nous retrouvons un peu la salete habituelle de l'Inde, la mendicite permanente, la vie trepidante, les odeurs melangees de curry, de lait sucre, d'urine, d'egouts... Le Red Fort (non, pas Robert...) est un bel exemple de monument datant de la meme epoque que le Taj Mahal, les pelouses ombragees sont les bienvenues pour touristes et indiens. Repos !

     Le jour du depart pour le Nepal est arrive. Apres de longues recherches internet  infructueuses sur la situation politique actuelle du Terai (frequents blocages des routes pour causes de greves,  routes ou  ponts defonces par des attaques maoistes), nous decidons de partir pour la frontiere la plus occidentale du Nepal, Mahendranagar.
 
     Tout commence en sortant de chez Philippe avec nos gros sacs. Il est 18h.
On nous a souvent conseille d'avoir affaire a des Sikhs pour leur honnetete dans les negociations... Le taximan est justement un de ces enturbannes ! Nous devons parcourir pres de 17 km pour atteindre la gare routiere, et le prix annonce ''a l'aveuglette'' est exhorbitant, nous l'obligeons a mettre le compteur du taxi pour payer le prix juste, il accepte sans broncher.
   En chemin, nous trouvons que le fameux compteur tourne bien vite, et les roupies defilent a toute vitesse. Nous arrivons a la gare routiere une heure plus tard, le compteur indique 38 km, et le prix exhorbitant annonce plus tot est depasse !
Impossible, le compteur est truque, mais le Sikh nous demande la somme indiquee, sans se soucier de la fiablite de son appareil. Impossible d'y deroger. Les boules, nous y perdons ! 
 
     Nous sommes a la gare routiere... difficile a decrire, mais pour donner une idee, 130 bus gares en epis patientent, alors que des centaines d'indiens presses n'attendent pas l'arret du bus pour grimper dedans en passant par les fenetres, une musique stridente hurlant dans les hauts-parleurs. La folie indienne a son comble...

   Notre bus nous est indique, il est deja bonde de sacs dans les allees, de familles a 7 individus sur 3 sieges, il y fait 40 degres !
   Nous sommes trempes (le mot est faible) de sueur. Nous avons le chance d'etre sur 2 petits sieges a l'avant, a cote d'une mamie en pleurs qui s'apprete a quitter ses petits enfants, la gorge serree.
    Le sol du bus est troue, nous voyons defiler la route sous nos pieds, le moteur et la boite du vitesse juste devant nous font des bruits indescriptibles. Le siege est dur, bas, et non inclinable.

    Il est 20h, le bus demarre, dans la vaste banlieue embouteillee de Delhi, et met plus d'une heure a en sortir.
La nuit s'annonce longue et creuvante.
Pas une seule possibilite de poser sa tete, ses bras, et sur nos fesses endolories commence le lent processus des escarres.
Nous ne ''dormons'' que 4ou 5 fois par tranches de quarts d'heure durant toute la nuit...

    Arrivee a 8km de la frontiere, il est 6h du matin.
Debouts mais chancelants, les yeux agards, nous voila, sacs au dos, a la recherche d'un moyen de transport pour atteindre ladite frontiere nepalaise. Nous commencons par une marche a pied, en titubant de fatigue, sur 2 km.
    Apres plusieurs tentatives, un velo-rikshaw nous propose enfin un prix raisonnable. Il nous balade sur les 6km arbores et paisibles qui nous donnent deja l'impression d'avoir passe la frontiere.
    A l'approche d'un grand pont, les montagnes au loin, le velo s'arrete et nous fait signe de continuer a pied.
    C'est apres 2 km de marche que nous arrivons au poste d'immigration indien. Formalites de sortie du territoire et hop ! c'est reparti pour 2 km de marche vers le poste nepalais.
Des centaines de nepalais, a velo ou a pied, traversent chaque matin cette zone de ''no man's land'' pour aller travailler.

    Ca y est on y est ! il est 8h30.
    Nous avons un visa d' 1 mois. Un officier nous fait de la pub pour un hotel sur Bardia, nous declinons la proposition. Etre rabattus des la frontiere...
    Reste a atteindre la gare routiere a 8km.
    Et de nouveau un velo-rikshaw se propose de nous y emmener. Nous nous laissons trimbaler jusqu'a destination, et au moment de payer : scandale, le prix annonce etait soit disant en roupies indiennes (alors qu'il n'y a aucune raison), plus forte que la roupie nepalaise ! Nous refusons fermement.

     Au bus, ce n'est pas fini ! Le ''controleur'' nous demande une somme qui parait demesuree, nous decidons de nous renseigner sur le juste prix aupres d'un guichetier hilare, qui s'avere etre beaucoup moins eleve.
    Nous devons nous mefier de tout et donc marchander aussi les prix des bus, habitude qu'on perd vite en Inde.

    Le bus demarre de Mahendranagar, il est 11h.
    Logiquement, nous n'en avons plus que pour 3 heures de route. Nos paupieres trop lourdes nous font pioncer pendant une bonne partie du trajet.

    A 13h30, le bus s'arrete, tout le monde descend sans nous dire un mot d'anglais, en repetant ''bandhs''...
Tres vite le guide Lonely Planet nous sert a comprendre ce que ce mot designe : une greve !
    Nous descendons a notre tour, et nous apercevons une longue file de bus et de camions  arretes dans les deux sens jusqu'a un barrage fait de gros cailloux disposes en travers de la route.
   Il faut marcher en plein cagnard jusqu'a trouver un bus qui reparte de l'autre cote de ce barrage. Nous decouvrons aussi qu'un pont a du etre detruit, puisque la route principale est coupee nette, avec un trou de 15m de large et  5 m de profondeur. Curieuse vision, ca ne date pas d'aujourd'hui !

    Un bus attend d'etre rempli pour repartir vers Ambassa, la destination dont on reve depuis un moment.
    On repart a 15h, puis on s'arrete a nouveau a 16h : on nous fait changer de bus.
    Cette fois, nous terminons le trajet debout, faute de places assises. Le paysage est verdoyant, de grands arbres, des biches, et quelques montagnes basses.

    Ambassa,enfin ! il est 17h.
Ambassa etant a 15 bornes de Bardia, le village qui a donne son nom au ''Bardia National Park'', il faut appeler l'hotel pour qu'on vienne nous chercher en jeep, vu l'etat de la route.

    Et comme cette journee est decidement folle, le telephone ne marche pas!
Un rabatteur profite de cette occasion pour nous proposer son hotel, le meme que l 'officier du poste d'immigration nepalais ! Il nous avoue que son pote de la frontiere lui a telephone pour le prevenir de l'arrivee de 2 petits francais. Pas question ! Un ami nous a conseille une autre adresse, ''Le Rhino Lodge'', nous restons sur notre position.
    Un bus devrait arriver et faire la liaison Ambassa-Bardia, peut etre que oui, peut etre que non... Aucune certitude, a part celle d'etre KO.

    Un tracteur charriant des grosses pierres dans une benne passe a notre portee. Nous grimpons sur le tracteur pour commencer a effectuer 6km des 15 qui nous separent de Bardia. Le tracteur, nous n'avions pas encore fait !

    Notre fermier nous depose, nous entammons la marche a pied, sur 3km, a travers de paisibles villages dont les habitants sont a la fois souriants et surpris de nous voir la.

    L'hypothetique bus arrive enfin, et nous laisse a Bardia, alors qu'un 3 eme rabatteur du meme hotel nous presente un deal peu avantageux. 3 eme refus et un certain ras-le-bol! Notre hotel est encore a 2,5km a pied, qui nous parraissent interminables. La nuit tombe, il n'y a pas d'electricite sur le chemin sableux et poussiereux. Nous avons faim et sommes extenues. Soudain, nous entendons un elephant barrir a quelques centaines de metres de nous. Frousse partagee ! Encore 800m de marche...

    Le Rhino Lodge est la, il est 19h45.
    Nous demandons a avoir une chambre et son prix...cela s'annonce complique.
Le gerant de l'hotel nous annonce que la clientele de son lodge paye 15 dollars pour une chambre, plus 17 dollars de nourriture par jour, puisqu'il fait affaire avec des ''package tours'', voyages tout compris.
     Il nous demande de garder le secret et d'eviter les autres clients de l'hotel et nous propose une ristourne de 75% sur le prix habituellement pratique.
    Il nous dit qu'il est pret a faire ce geste pour nous parce que nous sommes venus jusque la, dans la nuit, a pieds, et qu'il a visiblement pitie de nous. C'est le nouvel-an nepalais aussi ce soir la, et il nous semble qu'il aie commence a feter ca...

   Heureux, nous visitons notre confortable bungalow bien tenu, prenons une douche bien meritee et degustons un delicieux plat de nouilles sautees. Dodo a 21h30 !

 Recapitulons... Durant cette folle journee, nous aurons parcouru 8km a pieds (sacs de 15kg), 16km a velo-rikshaw, 6km de tracteur, nous avons change de bus 3 fois apres y avoir passe une nuit de 10h depuis l'Inde, mis 12h pour faire 150km au Nepal. Total : 24h de trajet d'affile...
 Sympa le voyage, non ?
                                               

                                                                                        a bientot !

(a suivre : de Bardia a Tansen, par Tom)



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