Nous voila donc a Bangkok, etape-clef de notre periple, en "transit" !! Ne voyez la aucune allusion d'orde digestive, de ce cote-la tout va bien. Reprenons donc le recit ou nous l'avions laisse.
Notre derniere pleine journee a Luang Prabang est consacree a ...rien de bien fondamental : se balader, profiter une derniere fois de cet eden touristique, si reposant, y prendre quelques photos, faire d'eventuelles dernieres emplettes, et "checker" (langage universel du voyageur, forcement en anglais) les horaires du bus du lendemain pour Vientiane. Ca n'a l'air de rien, comme ca, mais je peux vous assurer que tout cela remplit bien une journee de voyageur, si vous y additionnez les activites d'ordre fondamentalement necessaires, telles que l'alimentation, la recherche de toilettes, d'eau, et le dialogue !
Le soir arrive, et est l'occasion d'une ultime rencontre avec Dida, notre copine laotienne, pour une ultime Beerlao, un ultime "Sabaidee" a sa famille (toujours affairee, le soir, a emballer les petites sucreries faites par la mere toute la journee et destinees a etre vendues le soir au marche : cet atelier emballage requisitionne toute la famille (oncles, freres, soeurs, cousins, vivant tous sous le meme toit). Ultimes discussions avec Dida, portant sur les themes habituels de pouvoirs d'achat compares, et de ses projets de vie (souvent contradictoires, entre l'envie de decouverte de l'occident et l'attachement a un mode de vie qui reste traditionnel, centre sur la famille)... Un au-revoir tardif, qui nous oblige a rentrer au pas de course a notre Guesthouse, forcement deja fermee puisque les laotiens tombent comme des mouches vers 22h !
Lever tot le lendemain. 6h, avec pour objectif le bus de 7h30. Il nous faut recuperer nos vetements, laisses pour "Laundry" deux jours plus tot, et pour cela reveiller tout le monde, puis trouver de l'argent, car le porte monnaie est vide et ne nous permet pas de payer ce dernier long trajet au Laos (11h de bus en montagne). Je pars donc, transi par le froid matinal, a la recherche d'un "ATM" (traduire par "DAB" : Distributeur Automatique de Billets). Il fait presque nuit, je vois les premieres boutiques ouvrir, la vie reprendre, le temps se remettre en marche. Dans la rue principale, quelques vielles femmes sont assises, alignees sur le trottoir, en attendent le passage des bonzes, dans leur quete de nourriture quotidienne. Cette procession matinale est celebre (cf article sur Luang Prabang), et deja de nombreux touristes, photographes de l'extreme, ont degaine leur appareil photo pour immortaliser ces mamies et ces bonzes, si habitues a etre ainsi mitrailles par des occidentaux en quete de carte postale personnalisee... Dans ma quete d'argent, je croise une dizaine de jeunes bonzes, marchant en file, toujours pieds nus, dans leur quete de riz. Cette pensee m'amuse.
Ma quete s'avere plus difficile que la leur (si on excepte les pieds et l'epaule nus, dans le froid matinal !) : le premier distributeur est vide, et le deuxieme clos. Je croise quelques touristes, comme moi perturbes par cette nouvelle quete vitale, ce geste de la Carte Bleue si habituel soudainement entrave ! L'affaire est serieuse : il nous faut des sous pour quitter la ville ! Nouvelle quete vitale. Je tombe sur Dany, de "Linda et Dany", de vieux amis de Delphes, dont nous savions la presence en Asie, et nous decidons de prendre le petit dej ensemble. Le premier bus est decrete rate. On attendra l'ouverture de l' ATM. Sauf que, patatras, le temps ayant repris ses droits depuis une bonne heure, l'attente de l'ATM n'est pas recompense, et nous risquons de louper le bus suivant aussi... Un tuk-tuk nous emmene vers un autre ATM, asses loin. Il s'avere lui aussi a sec. La menace d'une penurie de billets commence a assombrir le ciel sur Luang Prabang, avec tous ses touristes qui chaque jour y font circuler tant d'argent ! Vite, vite. retour en ville, et a la troisieme tentative je trouve une boutique qui accepte d'echanger les dollars que je lui propose. Vite, vite, on file vers la gare de bus, et vite, vite, Delphes achete des tickets tandis que j'enfourne les sacs dans les soutes. Quelle aventure ! (relative, certes, mais difficilesi tot le matin)
Inconvenient : nos tickets sont parmis les derniers vendus pour ce bus, qui est pret a partir, et nous nous retrouvons sur la banquette arriere, la ou les oscillations, virages, et rebonds sont le plus ressentis, surtout dans un trajet tel que celui qui s'annonce, majoritairement montagneux ! Qui plus est, on comprend vite qu'il est moins honereux pour la compagnie de distribuer des sacs plastiques aux passagers que de changer les amortisseurs ! Au bout de 10 minutes, on a deja bien mal au coeur, et au bout de 20, on a deja entendu 2 ou 3 passagers vomir allegrement dans leurs sachets. Delphes est bien mal, moi je subsiste un peu plus facilement...
La route est magnifique... mais seuls les passagers qui n'ont pas le mal des transports peuvent se permettre le luxe de regarder le paysage ! Montagnes russes, sur un matelas aquatique ! Bien dur, ce trajet... Une premiere pause me permet d'alle fouiller dans mon sac et d'en extraire du Motilium, qui nous permettra de lutter plus efficacement... Une deuxieme pause nouspermet de nous restaurer (delphes ne peut rien avaler). Puis plus de pause, alors que j'en espere une assez vivement durant les 3 dernieres heures : vessie sous haute pression. Je bondis hors du bus a l'arrivee de la gare de Vientiane, vers les toilettes... Je me console en me disant que je viens d'etablir un nouveau record personnel.
Une nuit a Vientiane, dans l'hotel le plus pourri du pays. Puis nous voila arrives a notre dernier jour au Laos : celui du passage de la frontiere thailandaise, de l'autre cote du Mekong. Un bus nous emmene au "pont de l'amitie", recent, symbolisant l'union des deux pays, devenus copains comme cochon. Les contrats commerciaux aidant, evidemment. Nous voila de l'autre cote, en fin de matinee, a Nong Khai, bourgade thai paisible, reanimee grace a la construction du pont. De la, nous esperons repartir le soir meme, en train-couchette, pour Bangkok. Eh oui, premier element de contraste : le train existe en Thailande. Comme beaucoup d'autres choses, Delphes aura l'occasion de le decouvrir vite ! La modernite y surprend, de prime abord !! Certaine parties de Bangkok n'ont rien a envier a nos villes, sur ce plan.
Malheureusement, les places restantes dans le train sont assises : couchettes "full" ! Tant pis. On en a vu d'autres : motives a l'idee d'etre a Bangkok le lendemain, nous voila prets a affronter une nuit de merde dans un train ! Il nous reste quelques heures : promenade dans le quartier du marche de Nong Khai, ou nous nous retrouvons ahuris, ebetes, devant les boutiques exposant tant de gadgets, concentres de modernite !! Comme deux beaux culs-terreux sortis du cul du monde (veuillez pardonner ces redondances familieres) ! Petite transition entre Vientiane et Bangkok.
Je dors 1h30 sur les 13 que nous passons dans ce train, durant cette nuit de transport... Delphes pas tellement plus... Les fenetres ne ferment pas, les sieges sont assez moyens, la lumiere est un peu forte... Nous arrivons vers 7h le matin a Bangkok, agards, les yeux vitreux, le teint fade. Heureusement, la ville n'est pas encore bien eveillee, en ce jour de week-end (autre concept moderne absent ailleurs), et l'agression limitee. Un tuk-tuk nous emmene a vive allure vers Khao San Road, le quartier des back-packers. Un quartier completement indefinissable, ou le touriste trouve tout, notamment de nombreux congeneres, en quantite ; un cafarnaum agglomere qui devient vite insupportable tant il est bruyant et agressif, et tant la connerie occidentale y est concentree... Toujours est-il que nous decidons d'y passer quelques jours pour trouver tout ce dont on a besoin, et organiser la suite. Comme tout le monde !
En l'occurence : faire visas birman et indien, trouver des billets d'avion pour la birmanie (frontieres terrestres depuis longtemps fermees), plus quelques achats necessaires pour la suite du periple (lonely planet, pharmacie, ...), et d'autres pour un colis postal perso, et enfin : massages !
Beau programme, bien entamme, puisque nous sommes a Bangkok depuis maintenant 3 jours. Encore demain, et nous prenons un nouveau train de nuit, pour le sud : Kho Lanta, une belle ile tres connue depuis qu'une emission debile a pris son nom, et ou on devrait retrouver une connaissance rencontree en thailande en 2006, Juliette. Programme (osai-je...?) : soleil et plage !
Voila !!!
Tout va donc tres bien pour nous, continuez a nous donner de vos nouvelles !!
a plus...

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